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Mieux utiliser l'argent des contribuables — plus qu'un simple cours d'anglais

Comment aider les employés francophones du domaine de la santé à mieux servir leurs patients francophones, tout en suivant une formation de langue anglaise!

L'École de langues de Lanaudière a développé une méthode qui intègre l'alphabet manuel dans le processus de l'apprentissage. En associant le geste au processus mental, c’est-à-dire à la prononciation des lettres, l'élève reproduit phonétiquement l'alphabet anglais beaucoup plus rapidement. Par la même occasion, il acquiert un outil qui lui sera utile auprès des gens qui sont malentendants. Il est évident que cette communauté ne pourra que se réjouir qu'il y ait plus de gens capables d'utiliser l'alphabet de la langue des signes. Ce programme présente donc trois avantages majeurs : les élèves apprennent plus rapidement, ils maîtrisent deux alphabets silmultanément plutôt qu'un seul (leur permettant ainsi de communiquer avec plus de personnes au besoin) et finalement, le tout se fait à moindre coût!

L'Académie linguistique LES MOTS-DITS ANGLAIS fut invitée à présenter un programme d'anglais langue seconde à l'Institut de cardiologie de Montréal. Nous avons accepté à la condition que ce cours se donne dans le cadre d'un projet pilote. Le président du comité multidisciplinaire était enchanté par notre proposition, qui comptait également un volet où les employés de l'ICM étaient encouragés à puiser dans leurs ressources à l'interne (collègues, bénévoles) pour améliorer leur anglais. Notre projet visait à créer un modèle pouvant être utilisé à plus grande échelle dans d'autres régions du Québec et même internationalement. 

L’Académie linguistique LES MOTS-DITS ANGLAIS a donc pris contact avec la présidente du Centre québécois de la déficience auditive pour lui faire part du projet. Comme elle a soutenu notre idée, dès lors nous avons formé équipe. Son mandat était de fournir au personnel de soins de précieuses informations qui leur permettraient de mieux servir cette clientèle alors que le nôtre était d'enseigner l'anglais. Il s'agissait en fait d'adapter sa présentation habituelle à un contexte de cours d'anglais. Les employés se retrouvaient donc mieux outillés pour servir les membres de la communauté anglophone ainsi que ceux de la communauté souffrant de déficience auditive! L'École de langues de Lanaudière a fait un pas de plus en demandant à cette représentante du CQDA d'aider à sélectionner les mots pour lesquels les signes sont les mêmes tant dans la langue des signes québécoise que dans l'American sign language afin de les incorporer dans les exercices du cours d'ALS (anglais langue seconde).

Ce serait merveilleux si un jour il y avait un langage des signes international, mais avant que de tels moyens de communication soient normalisés, nous nous en tenons à l’enseignement des signes qui sont les mêmes dans ces deux langues (l’American sign language ou la langue des signes québécoise). Par conséquent, cette approche permet au personnel francophone de mieux servir sa clientèle francophone souffrant d'un déficit auditif, tout en participant à un cours d'anglais!

Il est intéressant de constater que notre méthode fonctionne aussi bien avec les adultes, peu importe l'âge, qu'avec les enfants. L'aspect kinesthésique aide d'ailleurs beaucoup d'enfants qui ont de la difficulté à apprendre avec les méthodes traditionnelles, et voilà qu’ici ils découvrent qu'ils peuvent maîtriser une nouvelle compétence très rapidement. Loin d'être un simple outil d’enseignement des langues secondes, nous croyons que cette méthode devrait être utilisée pour enseigner l'alphabet dans toutes les classes de maternelle et de première année. Non seulement tous les enfants apprendraient-ils plus rapidement, mais imaginez un peu une société où tous connaîtraient l'alphabet manuel!

Pour plus de renseignements, vous aimerez certainement lire l’article du McGill Daily, Lost in translation, bad for your health, rédigé par notre fille aînée, Chelsea Tinnion ou consulter la page web de nos jumelles, Susan et Katherine Willcocks.

Le lexique a été vérifié par des professionnels et des spécialistes, et est conforme aux exigences de l'Office québécois de la langue française.

Pour terminer, nous aimerions préciser pourquoi, dans certains cas, nous faisons mention d'un langage parfois « vulgaire ». Il arrive que les francophones utilisent des mots sans se rendre compte que pour un anglophone, ce mot est offensant. Le mot « sh** » par exemple, quand il est employé par un anglophone, celui-ci sait très bien que c'est vulgaire, mais le francophone peut être porté à croire que c'est le mot à utiliser comme dans la situation suivante : I'm coming Mrs. Jones. I'm coming to clean up the sh** in your bed. Ce n'est tout simplement pas le mot qui convient dans un contexte professionnel. Il arrive que certains patients anglophones soient choqués ou offensés et ces mises en situation leur permettent de réaliser que le soignant francophone n'avait pas l'intention d'être vulgaire. D’ailleurs, les travailleurs sociaux en particuliers sont pleinement conscients du fait que les itinérants, les patients souffrant du sida, ou aux prises avec des problèmes de toxicomanie, d’alcool, etc. ont probablement été exposés à ce type de langage. La section qui aborde plus précisément cette réalité offre des avantages très précieux - elle permet d'établir une certaine connivence entre le patient, qui souvent ne peut s'empêcher de rire, et le soignant alors que celui-ci est en train de désapprendre ce qu'il ne faut pas dire.


Julia Tinnion
Présidente
École de langues de Lanaudière &
Académie linguistique LES MOTS-DITS ANGLAIS


*Veuillez consulter l’Association des malentendants, régionale ou provinciale,
avant d'intégrer le langage des signes dans tous programmes de cours.

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